Le carnet de vol du vol libre, lu ligne à ligne.
Un fichier IGC est un fichier texte : une ligne par point, un en-tête, deux altitudes et, souvent, des colonnes en plus que personne ne regarde jamais. YouMetry les lit toutes et les met à l’image, sur la vidéo de votre caméra.
Ce qu’il y a dans un fichier IGC
- Les enregistrements B, un par point : heure UTC, latitude et longitude en degrés et minutes millièmes, validité du point, puis deux altitudes en mètres — la pression et le GPS.
- L’en-tête HFDTE, qui donne la date du vol — sous ses deux écritures, l’ancienne (
HFDTE150626) et la nouvelle (HFDTEDATE:150626,01). - Le pilote, le site de décollage et le type de voile (en-têtes HFPLT, HFSIT, HFGTY), repris dans les informations de la séance.
- Les extensions : une ligne
Idéclare des colonnes ajoutées à chaque enregistrement B, une ligneJfait de même pour les enregistrementsK, plus espacés — c’est là que vit le vent.
Les deux altitudes, et pourquoi elles comptent
L’altitude pression est lisse : le capteur barométrique ne saute pas, et c’est d’elle que se tire un vario propre. Mais elle se rapporte à l’atmosphère standard, 1013,25 hPa, et s’écarte donc de la vraie altitude selon le QNH du jour. L’altitude GPS, plus bruitée, est la vraie hauteur au-dessus de la mer.
YouMetry prend donc les deux : la pression pour le vario, le GPS pour l’altitude affichée au-dessus de la mer. Et si votre vario n’a pas de capteur de pression — il écrit alors des zéros — tout est pris sur le GPS, sans que vous ayez rien à régler.
Les colonnes en plus, lues une à une
- Vitesse air vraie et indiquée (TAS, IAS) et vario compensé (VAT), convertis dans les unités de l’application.
- Vent : direction (WDI) et vitesse (WVE, WSP). La valeur d’une ligne
Kest tenue jusqu’à la suivante, comme l’instrument l’affichait — et la direction n’est jamais interpolée, pour qu’un passage de 350° à 10° ne fasse pas le tour par le sud. - Vitesse sol (GSP) : la vitesse Doppler de la puce GPS, meilleure que celle calculée entre deux positions, et prise de préférence quand elle est là.
- Qualité du GPS : précision (FXA) et nombre de satellites (SIU), affichables comme n’importe quelle autre valeur.
- Et le reste : bruit moteur (ENL, MOP) et régime (RPM) pour un paramoteur, accélération verticale (ACZ), température extérieure (OAT), et les colonnes LAD / LOD qui affinent la position au décimètre.
D’où vient le fichier
Tout vario de parapente ou de delta écrit de l’IGC : XCTrack sur un téléphone ou un Android dédié, Skytraxx, Syride, Flymaster, Naviter Oudie, Flytec, les instruments Open-Vario. C’est aussi le seul format que lisent les plateformes où l’on dépose ses vols — XContest, la CFD, le DHV-XC, Leonardo et l’OLC : le fichier que vous y envoyez déjà est exactement celui que YouMetry ouvre.
YouMetry ne se branche sur aucune de ces plateformes et n’y envoie rien : il lit le fichier sur votre disque, un point c’est tout.
Comment faire
- Sortez le fichier .igc de votre vario — celui que vous déposeriez sur XContest.
- Ouvrez votre vidéo dans YouMetry et glissez le fichier dessus : l’univers passe en parapente tout seul, une fois par fichier — vous pouvez revenir à un autre engin, le fichier ne le reprendra pas.
- Calez les données sur l’image avec le décalage : l’heure du vario est en UTC, la caméra a sa propre horloge.
- Exportez la vidéo incrustée, ou un calque transparent pour votre logiciel de montage. Vous pouvez aussi tout voir d’abord dans l’essai en ligne, qui lit les
.igcsans rien installer.
Ce que le format ne donne pas
- Un vario écrit en général un point par seconde. C’est assez pour le vol et la 3D, peu pour une jauge qui bouge à chaque image : le tracé est lissé entre les points, sans déplacer les virages.
- Les colonnes en plus n’existent que si votre instrument les écrit : sans extension de vitesse air, pas de vitesse air — le fichier ne la contient pas, et rien ne l’invente. Un code que YouMetry ne connaît pas est simplement laissé de côté.
- Pas d’accélérations trois axes, pas de régime moteur de voiture, pas de tours : un IGC est une trace de vol. Pour le reste, il y a les autres sources, qui se combinent dans le même projet.
- Un fichier sans en-tête de date reste lisible, mais l’application le dit : seule l’heure sert alors au calage. Et un fichier qui ne porte pas au moins deux enregistrements B est refusé avec un message clair, plutôt qu’ouvert à moitié.
À savoir
- Les heures d’un IGC sont en UTC, et un vol qui passe minuit repart à 00:00:00 dans le fichier : YouMetry y voit un jour de plus, pas un retour en arrière.
- Le fichier n’est jamais modifié : YouMetry le lit, les lignes qu’il ne comprend pas — les signatures comprises — sont laissées de côté sans toucher à l’original.
- Le mode parapente est sur Mac et Windows. L’app mobile reste voiture et moto.
Questions
Quelle différence entre un IGC et un GPX ?
Un GPX ne porte qu’une altitude, celle du GPS. Un IGC en porte deux — la pression et le GPS — et peut porter en plus le vent, la vitesse air, la qualité du GPS. C’est pour cela que le vario tiré d’un IGC est lisse là où celui d’un GPX est nerveux. Si votre instrument n’écrit que du GPX, YouMetry le lit aussi : vous perdez les colonnes en plus, pas le vol.
Que voit-on à l’écran à partir d’un IGC ?
Le vario, de −5 à +5 m/s, l’altitude au-dessus de la mer, la vitesse sol, le cap, la distance au décollage, le tracé du vol, et la finesse — la distance parcourue pour chaque mètre perdu, qui se tait quand elle n’aurait pas de sens. Le vol se rejoue aussi en 3D sur le relief réel, voile comprise : c’est la page parapente qui le montre en détail.
Y a-t-il un chrono au tour, comme en circuit ?
Non, et c’est volontaire : un vol libre ne se court pas au tour. En revanche le décollage et l’atterrissage sont repérés tout seuls — à la vitesse sol, et non à l’altitude, parce qu’un parapente atterrit souvent bien plus bas que son déco.
À voir aussi
Plusieurs fichiers se combinent dans un même projet : la position de l’un, les données moteur d’un autre. Voir le comparatif avec les autres logiciels.